Né dans la pêche

Mon curriculum vitae, par Henri Limouzin    Né dans la pêche ne-dans-la-peche-150x99

J’ai du prendre mes premiers poissons vers l’âge de 5 ans, dans les eaux vives et pures de la Boutonne, où ma mère lavait son linge à grands coups de battoir. C’est dans la même rivière que, quelques années plus tard, j’ai piqué mon premier brochet (35 à 40 cm !) au vairon mort, promené entre les nénuphars au bout d’une lourde canne en bambou équipée d’un moulinet à tambour tournant qui perruquait horriblement.

C’est dire que je suis né dans la pêche, prenant rang dans une tradition familiale fortement ancrée de coureurs de bois et de marais qui, surtout dans les dures années de la guerre, ne voyaient pas beaucoup la différence entre ce qui était légal et le braconnage, qu’il s’agisse de « bourroler » un secteur de rivière la nuit, de « colleter » un lièvre ou de « panneauter » des alouettes dans un champ de neige…

Tout au long de mes années de lycée, la pêche a été pour moi comme pour mes frères la seule activité extra-scolaire à occuper nos pensées d’adolescents désargentés et c’est bien à la pêche et non « en boîte » que nous avons emmené nos premières petites amies. Chevesnes et rotengles « à la moucheté » dans la Sèvre Niortaise, carpeaux, tanches, brèmes et gardons dans le Marais Poitevin, goujons, écrevisses américaines, vairons à leur remontée, par milliers, dans les petits courants, à Pâques et, plus tard, anguilles dans l’anguillère du moulin remis en état par mes parents, tout faisait ventre pour nos chiches repas d’après-guerre.

Après le bac, direction la Normandie où je trouve mon premier poste d’enseignant et… les premières choses sérieuses avec le brochet auprès d’André Berthe, maître d’école d’un petit village de l’Oise, qui m’a transmis sa passion et son savoir-faire pour la pêche au vif puis pour la truite à la cuiller et à la mouche.

C’est dès cette époque que j’ai commencé à envoyer mes premiers articles à « La Pêche et les Poissons », inspiré sans doute par mes occasionnelles lectures antérieures de « La Pêche Indépendante » et de « Au bord de l’Eau » que me prêtait le voisin. Dès lors, je n’allais plus manquer une ouverture de la truite dans cette époque normande de ma vie, pas même au cours de mes deux années de service militaire, grâce à un commandant de compagnie qui, grand chasseur lui-même, comprenait ma passion et me signait la « perm » de 48 heures que je lui demandais pour cela : cet homme n’était autre que le capitaine (à l’époque) Durantel, le père de notre ami Pascal avec qui j’allais découvrir cette étonnante coïncidence quelque 35 années plus tard !

Par la suite, c’est en Suisse, où j’allais pêcher le sandre, alors tout nouveau en France, que j’ai sérieusement étoffé mes connaissances et ma pratique de la pèche de la truite à la cuiller dans des ruisseaux et torrents très différents des cours d’eau normands tels que l’Epte, l’Andelle, le Thérain, la Bresle, etc. où j’avais fait mes classes.

Les années ont passé, avec une collaboration de plus en plus active aux revues de pèche, parallèlement à mon métier de prof que j’ai beaucoup aimé, des articles, des livres, des engagements passionnés pour le sandre, la carpe, le black-bass, le silure, le tourisme-pêche, dont je n’ai rien à renier. Tout cela m’a permis de rencontrer les plus grands noms de la pêche de ma génération : Michel Duborgel, qui a guidé mes premiers pas sur le Gave d‘Oloron pour le saumon ; Albert Drachkovitch, mon Ami, qui a donné sa vraie dimension mystique à notre commune conception de la pèche; Jo Nivers, à qui je dois mon coup de foudre pour ce Pays d’O1t qui allait devenir mon terroir d’adoption ; Michel Naudeau, mon frère de pêche et tant d’autres « signatures » reconnues ou non, qui m’honorent de leur amitié.

Car un jour, il y a de cela une vingtaine d’années, j’avais sauté le pas pour devenir journaliste à part entière en quittant la Normandie pour m’installer en Aveyron. C’est depuis ce nid de balbuzard fluviatile sinon d’aigle que, maintenant, je partage mon temps entre les lointains voyages de pêche pour finir d’assouvir mes derniers rêves de poissons mythiques et les petites mais réelles joies d’un pur environnement naturel qui me replonge dans celui de mon enfance poitevine; avec une participation qui m’apporte beaucoup à la chaîne satellite SEASONS et quelques papiers dans les revues pour qui j’ai de la sympathie… pour vous servir, amis de Pêche-Environnement. Des rêves? Bien sûr qu’il m’en reste encore : le dorado au Brésil ou en Argentine et les grosses truites de Patagonie ; les perches du Nil, en Egypte et leurs cousins les barramundis, en Australie ; les perches géantes de Nouvelle-Guinée ; les gros tarpons de Sierra Leone et les snooks de Floride ; et depuis que j’ai lu le dernier « Carnassiers », les poissons-tigres du Bostwana ; et puis…, et puis…



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