La lettre de Jean Dejax

Cette lettre de JEAN DEJAX, un « frère de pêche d’Henri », de plus de quarante ans. Ils se sont connus sur les ballastières d’Arques la Bataille, de Mesnil sous Jumièges en Seine maritime, à l’époque dieppoise de la vie d’Henri.

Et Jean n’a pas manqué dès que nous avons eu découvert ce fameux lac de Castelnau de venir passer ses vacances dans le pré paradisiaque de Milou à Cabanac, où nous campions toutes nos vacances et de tremper ses lignes avec son « pote ». Alors bien sûr, nous y avons partagé avec lui des moments inoubliables, comme celui qu’il vous conte avec une plume très imagée dans cette lettre qu’il a adressée à Henri à l’occasion de la sortie du tome 1 de « La Musette à Matthieu ».

Effectivement il ne fut pas seulement le témoin de notre mariage, il fut le témoin et aussi le participant à une vie de passion consacrée à toutes les activités de la nature : cueillette, ramassage, jardinage et PECHE…

Je le remercie ici pour cette vie d’amitié indéfectible encore aujourd’hui.

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La lettre de Christian Imbert

Christian Imbert se présente dans cette lettre quasiment exhaustivement. Ce qu’il ne dit pas c’est que depuis ce jour où Henri découvrit qu’il peignait et dessinait avec un sens aigüe du détail les poissons et toute scène de pêche, il a illustré par ses dessins nombres de livres écrits par Henri, nombres d’articles de différents auteurs dans différentes revues, ce qu’il fait toujours aujourd’hui.

Il avait dessiné le logo de la société ACHIGAN (black bass en canadien), dont je vous joins le dessin original, qu’Henri  avait créée avec Jacques Rosen et qui voulait proposer des pêches  en réservoir pour le black bass dans les étangs de sites prestigieux comme les châteaux et les golfs, projet qui échoua pour avoir été pensé et inventé avant l’heure, pour un public pas encore accro à la pêche du Black bass !

Il vous parle de la mémorable série de cinq articles sur « le sandre au poisson mort »  parus dans « La pêche et les poissons »  en 1976. Je vous en donne donc le premier volet ce mois-ci dans la page de « l’article technique ».

Je vous joins également le compte-rendu du séjour que Christian fit avec ses deux amis avec Henri sur le lac de Lous, début comme il le dit d’une longue et indéfectible amitié. Aussi une très belle lettre que Christian a écrite à Henri juste après la sortie de son livre « La longue coulée » *.

* livre encore disponible contre 10 Euros + 2,40 Euros de port
Si vous êtes intéressé, laissez-moi vos coordonnées dans la rubrique « Pages / Contact ».

 

 

Bien Cher Henri

 

 

Ta disparition fut si soudaine, si inattendue que j’ai été sous le choc lors de la cérémonie de ton départ. J’aurais voulu préparer un texte pour ce jour là, mais le cœur était trop gros et je pensais que d’autres amis pêcheurs allaient te dire adieu, te remercier pour tout ce que tu avais donné, apporté à notre petit monde de passion et mystère, mais ce jour là peut être sous le coup brutal de ton décès, aucun des pêcheurs présents ne put parler ..!!

 

Voilà ce que je voulais dire en ta mémoire ;

« La pêche me tenait déjà bien avant de te connaitre, mais disons que, même au travers des articles de Michel Duborgel, la recherche des carnassiers me laissait sur ma faim…

 

La vraie première rencontre fut celle du journaliste halieutique que tu étais… et quel journaliste !!

En 1976 tu écrivis dans la Pêche et les Poissons ta mémorable série d’articles sur le sandre et la monture à poisson mort de l’ami Albert. Avec Richard mon inséparable compagnon de pêche, nous prenions des sandres au posé mais combien de fois t’ai-je raconté la fabrication de ma première monture juste après t’avoir lu et ce premier sandre pris au premier essai !! Tu rigolais toujours de bon cœur à nous voir encore émerveillés, des années après, de ce premier choc !

Grâce à toi toute une génération de pêcheurs attendait chaque mois avec fébrilité sa revue de pêche… Quand on te rappelait cela, tu étais heureux de voir que ton travail avait été si porteur mais tu n’avais pas imaginé l’effet de la retombée de tes articles et de ta passion sur des jeunes comme nous! Tous tes écrits étaient édifiants et donnaient vraiment envie !

Crucifiés à vie par cette fantastique chasse tactile, une véritable passion venait de naître.

 

La deuxième rencontre fut déterminante. Passionnés par les concours de la Pêche et les Poissons, nous gagnâmes en 1981 le plus beau des prix. Et là, vraiment la chance nous sourit lorsque Daniel Maury nous annonça qu’on allait pouvoir réaliser notre rêve; pêcher trois jours avec notre « Dieu » sur son lac de barrage !! Combien de fois t’avons-nous narré cette histoire ?! Tu appréhendais même que ces premiers « élèves » soient des Parisiens du genre de ceux que le père Matthieu n’aimait pas trop !

Il n’en fut rien. Ce séjour à Combetalade, où l’année suivante, Martine et toi, alliez vivre totalement de votre passion, fut une réussite.

Tes encouragements, tes conseils précieux, les réponses effaçant nos doutes et nos questions, nous disant qu’on avait tout compris et qu’il fallait maintenant faire notre expérience sur les grands lacs, nous firent progresser de plusieurs années en 3 jours.

De là est née une longue amitié qui prit racine petit à petit.

 

Dès lors tu devins un véritable guide dans ma vie de pêcheur.

 

C’est après ce fameux séjour que rapidement nous achetâmes un bateau.

C’est toi qui nous parlas du lac du DER. Nous l’avons découvert et appris longuement… ce fut notre paradis le plus beau…

C’est toi aussi qui nous mis le pied à l’étrier en nous présentant Jean Luc Faure pour être guide à l’EFP *. Belles années de transmission de la passion comme tu savais si bien le faire.

Découvrant que je dessinais et peignais des poissons tu me proposas à maintes reprises de travailler avec toi.

Tu nous fis découvrir les premiers leurres souples virgules qui allaient devenir un monde totalement nouveau en 20 ans… faisant presque oublier le poisson mort manié aujourd’hui ! Je me souviens de ces pêches de sandres en Seine avec notre Francis Balleydier, que tous, nous aimions tant !!

 

Tu nous as fait fantasmer dès ton premier voyage en Alaska. De passage à Paris vous nous avez projeté le film que Martine avait tourné….je n’en dormis pas durant plusieurs nuits. L’année suivante nous y allions avec vous.

Puis vint ce voyage au Maroc au goût si sauvage que nous avons tant aimé… ! avec une sacrée équipe de mordus !

Sans compter ces parties de pêche ici ou là et tous tes passionnants récits de voyages qui nous faisaient tant rêver, mais auxquels nous ne pouvions pas tous aller hélas…

 

Ton ouverture, ton intérêt toujours aiguisé pour toutes ces choses de la nature, la vraie, pas celle des écolos actuels dont on rigolait bien parce que justement ils étaient coupés de la vraie écologie, faisaient de toi un être d’exception.

Journaliste curieux, vérifiant, analysant l’intérêt et l’impact de tes écrits, racontant des expériences vécues, possédant une éthique que l’on a du mal à retrouver aujourd’hui, tu fus porteur et découvreur de tant de choses !! Et quelle riche personnalité ! Toute discussion, même lorsqu’on n’était pas toujours d’accord, était enrichissante de par ta culture et ton amour du verbe et de l’authentique.

 

Combien d’autres comme moi te doivent leurs émotions, leurs découvertes et même leur incursion dans ce monde de la pêche ?

 

Moi je m’en souviens et ne l’ai jamais oublié. Je pense souvent à toi et pas seulement au bord de l’eau…

Alors, avec une émotion plus maitrisée cette fois que le jour de ton départ, je te dis encore au sens le plus large comme le plus personnel « Merci pour ce que tu étais, pour ce que tu apportais, Merci pour tout Henri !! »

 

Et merci à Martine de continuer par ce site à faire vivre le grand bonhomme que tu as été…. »

 

Christian IMBERT

 

 

* EFP : Ecole Française de Pêche, crée par Jean Luc FAURE, directeur actuel des Etablissements MEPPS.

 

 

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La lettre de Bob Deville

Là, il ne s’agit pas de pêche, Henri vous est conté par Bob dans la première partie de sa vie, où l’éducation et la pédagogie étaient son « crédo » d’instituteur de la République, jusque dans leurs loisirs, puisqu’ils dirigeaient tous les deux des maisons familiales de vacances de l’UFOVAL (la fédération des œuvres laïques) pendant une partie de leurs congés scolaires : valeurs qui se perdent ce qui leur donnait une profonde nostalgie à tous les deux !

Bob est resté toute sa vie au service de l’école laïque (à l’époque c’était une vocation) et si Henri, lui, s’est tourné vers le journalisme halieutique à 48 ans (poussé par une passion dévorante pour la pêche), après trente ans de bons et loyaux services, il est toujours resté un fidèle défenseur de l’école publique.

Sur la photo : Bob et Elise, lors d’un repas sur l’Aubrac, où les mangeurs d’aligot sont couronnés d’une auréole d’aligot et reçoivent un diplôme : c’est la seule photo que j’ai trouvée dans l’immédiat pour vous les présenter car je n’ai pas fini de trier toutes les archives d’Henri.

NB : le livre « La longue coulée » dont parle Bob est encore disponible pour quelques exemplaires (prix de 12,30€ dont 2,30€ de port).

« La longue coulée… »

 

Mes réflexions, pour Henri…

 

Chapitre par chapitre j’ai lu ton livre… J’ai suivi l’itinéraire enrichissant du p’tit drôle de la Boutonne, la croissance du petit Riri, la découverte de l’émotion tout à fait particulière du pêcheur et de sa relation avec l’eau, avec la vie, avec la rivière ou la pièce d’eau où s’abrite la vie. Nos histoires se font écho, sans cependant se ressembler vraiment. Ton papa est un homme tranquille, un pêcheur… mon père est un militant syndicaliste qui fait le coup de poing éventuellement. En 39, dès le premier jour, il part à la guerre… sur le front. Fait prisonnier, il s’évade, rentre dans la résistance. La sérénité, je ne connais pas. Déstabilisé par cette vie secrète de combattant de la nuit, il laisse ma mère pendant que je suis à l’Ecole normale… Je n’ai jamais pêché avec mon père, ni avec personne, j’habite au 4ème étage sur le plateau de la Croix-Rousse, à Lyon. Mais je n’ai jamais été malheureux… j’ai beaucoup rêvé ! mais je ne me suis jamais apitoyé…

 

A partir de ton livre, j’ai suivi un cheminement particulier, celui de ma rencontre avec Henri Limouzin, le jeune animateur à la Ligue… à l’UFOVAL pour être plus précis. Un jeune homme qui accompagne mon ami, au sens vrai et fort du terme, dans ses réflexions et ses activités d’éducateur scolaires et extra-scolaires, un jeune homme qui est porteur de la confiance d’Albert Derrien… c’est tout dire. C’est alors un jeune prof, marié, père de famille, curieux, affamé de découvertes, chaleureux et sympathique, préoccupé par la nécessaire réflexion, passionné par la discussion et l’échange. Intéressant. Sympa. Riche d’un grand appétit de connaître, d’une forte réflexion personnelle et d’une libre expression.
Notre rencontre fut antérieure à la révolution de 1968… Nous nous revoyions régulièrement à St Efflam, dans les Côtes d’Armor, où se retrouvait chaque année aux vacances de Pâques l’équipe nationale des directeurs de centres de vacances familiales de la Ligue de l’enseignement, une équipe qui réfléchissait au sens de son travail et remettait volontiers en chantier la détermination de son projet pédagogique et social. Un beau travail, vivant, solide et généreux, animé par des responsables nationaux de grande dimension : François Cambien…, Henri Massein… Un travail construit sans concession par une équipe de jeunes pédagogues qui croyaient en leur mission. Introduit par Albert Derrien, tu fus un membre actif de cette équipe…

 

Comme tu l’évoques dans ton livre, 1968 a bousculé les principes, les habitudes et les gens eux-mêmes, jusque dans leurs convictions personnelles, leurs habitudes… et leur vie quotidienne. Une libéralisation des mœurs a donné aux citoyens une liberté de vie nouvelle. Des couples se sont défaits, de nouvelles façons de vivre sont apparues… Dans nos MAISONS FAMILIALES DE VACANCES, nous avons accueilli, doucement, année après année, des mamans seules avec un ou deux enfants, des papas seuls, avec un ou deux petits… à la recherche d’un lieu possible de vacances avec leur progéniture… mais aussi d’un peu de liberté pour eux-mêmes. Et la Ligue, avec son équipe, bousculant, non sans mal, ses principes et ses habitudes, a dû réfléchir à de nouveaux chantiers…

 

Tu n’es pas ressorti indemne de cette bousculade de 1968 : le prof d’anglais attentif et généreux que nous aimions, abandonnant l’enseignement… le père de famille qui adorait ses petits… tout fut à revoir, à reprendre à zéro, pour repartir, courageusement dans une nouvelle vie…

 

C’est là que s’écrit une très belle et inoubliable page de notre histoire commune… Au cœur des vacances d’été tu viens nous voir à Lépin-le-Lac, tout au bord « du plus beau lac du monde », seul…, dans un véhicule sans confort mais riche de tout un équipement de pêche, de matériel et de produits curieux qui intriguent ceux qui s’approchent… Mon fils Jacky alors avait neuf ou dix ans. Après que tu eus longuement et attentivement, en solitaire, promené ta barque sur les herbiers profonds et secrets, au creux de chacune des anses de ses rives silencieuses, Jacky fut invité à cet extraordinaire voyage. Il a vécu à tes côtés des parties de pêches exceptionnelles et inoubliables… les parties de pêche conduites par un expert, tout autour du lac à la rencontre des brochets, des carpes, des gardons, des roussettes, et à la démonstration jamais égalée de pêche aux jeunes perches affolées par la magie de cet artiste inspiré. Les vacanciers de cette année-là se souviennent forcément du délicieux plat de filets de perches que tu avais largement préparé à leur intention et offert à toute la Maison ce soir-là…

Pêcheur discret, mais déjà connu et reconnu nationalement par les vacanciers pêcheurs qui avaient lu tes articles parus dans le célèbre journal des connaisseurs : « La pêche et les poissons »… Tu as offert à nos vacanciers, à mon fils qui n’oubliera jamais, la plus belle leçon de pêche qui soit …

Tu as connu mon regretté ami Georges Tomamichel, le dynamique Maire de Lépin qui a consacré tous ses mandats d’élu à protéger le Lac, son Lac, notre Lac… contre la pollution, contre l’ignorance, contre l’égoïsme, contre la société libérale et celle du profit immédiat… Il a fait appel à toi pour écrire et parler de ce Lac, dire en quoi il était exceptionnel. Tu as écrit de belles pages, Henri !! Georges a créé une association de citoyens vigilants, actifs, qui ont bougé et fait bouger les responsables, les élus, les universitaires… Une belle bataille avec des réalisations importantes : un égout collecteur audacieux, un projet concernant tout le bassin versant, l’installation d’un centre de pisciculture, d’un musée du Lac, vivant, animé par des volontaires en direction des écoliers, des touristes… Un magnifique travail pédagogique de citoyen éclairé…

 

Ah, mais… nos histoires se croisent et se décroisent sans cesse, sans jamais que nous nous quittions ni ne nous perdions de vue ! Tu es revenu à Lépin, tu m’as proposé d’accueillir dans mon équipe pédagogique une jeune animatrice avec qui nous avons travaillé avec plaisir sans savoir alors qu’elle deviendrait ta compagne… pour la vie…, que ton amour fou des poissons ferait d’elle une photographe professionnelle de talent, spécialiste de prises de vues magiques de poissons de toutes tailles, au fil de l’eau de toutes les rivières du monde…
Ton livre « La longue coulée » évoque modestement la brillante carrière internationale de pêcheur-pédagogue qui t’a fait parcourir le monde et pêcher dans toutes les eaux claires du globe… Riri, … Riton, … a bien appris aux côtés de ce papa pêcheur. Tu as eu un bon maître mais tu es bien discret sur ta relation profonde et permanente avec le mystère de la viavec le secret de la pulsion silencieuse mais lucide qui t’incite à tendre ta ligne ici plutôt que là, à cet instant précis plutôt qu’à tel autre…

Des souvenirs m’ont assailli alors, de questionnements, et de conclusions aussi. Par exemple : avec Martine tu partages une belle tranche de vie. La pêche à laquelle tu t’es, vous vous êtes consacrés ! a été riche de découvertes, d’aventures, de voyages, d’expériences, de rencontres exceptionnelles aussi !!! Une vie digne de ces temps modernes. En gardant ta réflexion et ta sagesse… « La longue coulée » ne parle que du début de ta vie, elle donne des perspectives… Mais nous, tes vieux compagnons, nous savons la suite et nous ne regrettons ni ton collège, trop étroit pour toi, ni tes petits élèves qui ne sont pas si déscolarisés aujourd’hui qu’on veut bien le dire… pas partout, en tout cas… Pas à la campagne, c’est sûr… mais ils n’ouvraient pas assez largement les portes de la vie pour ton gigantesque appétit de découverte et d’aventure… Ne regrettons rien, il n’y a pas lieu du tout !!!

 

Merci Henri pour la lecture agréable de ton livre. Merci pour les heures de réflexion qu’il a suscitées chez moi. Je crois qu’Elise va le lire aussi, maintenant !

Passez un bon hiver. Réchauffez-vous à la douce chaleur odorante d’un bon feu de bois. Gardez-vous bien. Nous irons, un jour ou l’autre, vous embrasser à nouveau et parler encore avec vous…

 

Bien amicalement,
Bob Deville, le 9 janvier 2010…

… sept mois avant…

 

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La lettre de Jacques Rosen

Beaucoup d’entre vous connaissent Jacques, rédacteur à LA PECHE ET LES POISSONS. Vous le découvrirez un peu plus profondément en lisant sa lettre aussi entre les lignes. Nous avons fait beaucoup de voyages de pêche lointains ensemble, souvent en pionniers, mais c’est ce qui leur plaisait, découvrir des contrées (presque) vierges où la canne et le moulinet du pêcheur « n’avaient pas beaucoup mis les pieds ».

Sur les photos ils sont en Espagne, dans la fin des années 90, et le soleil était là pour rendre encore plus inoubliable la réussite de ce séjour, parmi tant, que nous avons fait sur les berges de l’EBRE*, fleuve qui avait conquis Henri et qui pour son bonheur ne coulait pas trop loin de chez nous.

*Henri en avait réalisé un film : « Les conquérants de l’Ebre », environ 50 minutes, disponible en DVD (12,30€ dont 2,30€ de port).

Mon Cher Henri,

 

Ce petit mot à l’occasion de ton anniversaire ; tu aurais eu 77 ans. Te connaissant, je ne suis pas certain que tu en aurais aimé la forme… Avant d’en venir au fond, tu me permettras d’avoir une pensée reconnaissante pour Martine, ta chère épouse, qui ne ménage pas ses efforts pour perpétuer ton souvenir. Pour preuve, l’espace de mémoire qui t’es là consacré, sur Internet. Pour ma part, je voudrais te dire combien tu as compté depuis ce jour de juillet 1975 où j’ai fait ta connaissance sur les rives du lac de Lous, en Aveyron. Doté d’un rare sens de l’autre, tu as d’emblée compris que j’étais un de ces p’tits gars, comme tu aimais à dire, qui dans notre bas Poitou commun désigne l’appartenance à un milieu social des plus modestes… Fort de ton âme d’enseignant, tu t’es alors mis en tête de me faire grandir… Pauvre ! Il t’en a fallu de l’énergie. Mais tu n’as jamais voulu compter quand il s’agissait de cette dépense-là. Il ne m’appartient pas de dire si tu as réussi, en tout cas tu as fait naître le jour où il m’a été permis de prendre la plume sans avoir peur du ridicule. Mille mercis, Henri.

 

Durant toutes ces années où j’ai eu le privilège de te fréquenter ; j’ai pu t’observer à loisir. J’ai toujours été fasciné par la qualité de ta pensée, la facilité avec laquelle tu comprenais et faisais comprendre les choses, ta faculté à choisir le juste mot. Quel formidable orateur tu étais et comme il était difficile de te porter la contradiction… Et que dire de la vision qui était la tienne ; ta capacité à appréhender une situation, un évènement, comme si tu les dominais d’une formidable hauteur. Et puis il y avait la vertu de l’exemple : rigueur intellectuelle, probité, respect de la parole donnée, fidélité aux amitiés. Certes, il arrivait que tu donnes un coup de patte à qui semblait dépasser les bornes. Bien sûr, pouvait percer chez toi un brin de mauvaise humeur, parfois un soupçon de mauvaise foi. Tu étais un homme quoi ! Couronnant tout cela, tu étais habité par une volonté jamais prise en défaut d’être utile à autrui. Grand intellectuel, érudit, tu prenais cependant le soin de te mettre à portée du plus grand nombre. Bref, ancrée à tes tréfonds, il y avait une formidable humanité.

 

Bien sûr, il y avait la pêche ; ton œuvre reste considérable et magistrale à la fois. Je te disais : « Ceux qui font commerce de la pêche devraient t’élever une statue ! ». Tu répondais, hilare : « N’écris jamais rien de pareil… ». Eh bien voilà, c’est fait ! Au goût de beaucoup, tu as mis bien trop précocement un terme à ta carrière journalistique. Il n’empêche que l’hommage sans précédent que t’a rendu la profession montre que tu étais le meilleur. Et s’il fallait dire d’avantage, il n’est que de rencontrer ton public, celui d’hier et celui d’aujourd’hui, ceux qui connaissent ton œuvre et ceux qui la découvrent. Tous sont unanimes, car tous sont conquis.

 

Il me faut te laisser mon cher Henri ; toi dont je n’ai jamais su si tu étais un grand frère, ou le père qui a tant manqué à mon existence. Il est en revanche une chose certaine et je crois porter la parole de tes innombrables admirateurs en te disant, Henri, tu nous manques !

PS : Viendra le jour où il faudra rejoindre les eaux qui sont désormais les tiennes. Tâche donc, s’il te plait, de dénicher un petit coin de rivière sauvage ; tu sais bien, une rive ensoleillée où viennent se blottir de jolis petits courants ; nous y ferons danser une monture comme au bon vieux temps… 


Lac de Lous- Niort, décembre 2011

Jacques Rosen

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Ses amis parlent de lui…

Certaines personnes ayant bien connu Henri, souhaitant lui adresser une dernière lettre, ou lui rendre un hommage qu’ils auront eu le temps de rédiger en voulant ne rien oublier ou confronter des évènements vécus dernièrement avec la pensée d’Henri, je leur ouvre cette page. Elle vous permettra à tous de mieux cerner encore la personnalité, l’humanité et les principes de vie qu’il s’était donné et auxquels il n’a jamais dérogé. Bonne lecture.



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