La lettre de Bob Deville

Là, il ne s’agit pas de pêche, Henri vous est conté par Bob dans la première partie de sa vie, où l’éducation et la pédagogie étaient son « crédo » d’instituteur de la République, jusque dans leurs loisirs, puisqu’ils dirigeaient tous les deux des maisons familiales de vacances de l’UFOVAL (la fédération des œuvres laïques) pendant une partie de leurs congés scolaires : valeurs qui se perdent ce qui leur donnait une profonde nostalgie à tous les deux !

Bob est resté toute sa vie au service de l’école laïque (à l’époque c’était une vocation) et si Henri, lui, s’est tourné vers le journalisme halieutique à 48 ans (poussé par une passion dévorante pour la pêche), après trente ans de bons et loyaux services, il est toujours resté un fidèle défenseur de l’école publique.

Sur la photo : Bob et Elise, lors d’un repas sur l’Aubrac, où les mangeurs d’aligot sont couronnés d’une auréole d’aligot et reçoivent un diplôme : c’est la seule photo que j’ai trouvée dans l’immédiat pour vous les présenter car je n’ai pas fini de trier toutes les archives d’Henri.

NB : le livre « La longue coulée » dont parle Bob est encore disponible pour quelques exemplaires (prix de 12,30€ dont 2,30€ de port).

« La longue coulée… »

 

Mes réflexions, pour Henri…

 

Chapitre par chapitre j’ai lu ton livre… J’ai suivi l’itinéraire enrichissant du p’tit drôle de la Boutonne, la croissance du petit Riri, la découverte de l’émotion tout à fait particulière du pêcheur et de sa relation avec l’eau, avec la vie, avec la rivière ou la pièce d’eau où s’abrite la vie. Nos histoires se font écho, sans cependant se ressembler vraiment. Ton papa est un homme tranquille, un pêcheur… mon père est un militant syndicaliste qui fait le coup de poing éventuellement. En 39, dès le premier jour, il part à la guerre… sur le front. Fait prisonnier, il s’évade, rentre dans la résistance. La sérénité, je ne connais pas. Déstabilisé par cette vie secrète de combattant de la nuit, il laisse ma mère pendant que je suis à l’Ecole normale… Je n’ai jamais pêché avec mon père, ni avec personne, j’habite au 4ème étage sur le plateau de la Croix-Rousse, à Lyon. Mais je n’ai jamais été malheureux… j’ai beaucoup rêvé ! mais je ne me suis jamais apitoyé…

 

A partir de ton livre, j’ai suivi un cheminement particulier, celui de ma rencontre avec Henri Limouzin, le jeune animateur à la Ligue… à l’UFOVAL pour être plus précis. Un jeune homme qui accompagne mon ami, au sens vrai et fort du terme, dans ses réflexions et ses activités d’éducateur scolaires et extra-scolaires, un jeune homme qui est porteur de la confiance d’Albert Derrien… c’est tout dire. C’est alors un jeune prof, marié, père de famille, curieux, affamé de découvertes, chaleureux et sympathique, préoccupé par la nécessaire réflexion, passionné par la discussion et l’échange. Intéressant. Sympa. Riche d’un grand appétit de connaître, d’une forte réflexion personnelle et d’une libre expression.
Notre rencontre fut antérieure à la révolution de 1968… Nous nous revoyions régulièrement à St Efflam, dans les Côtes d’Armor, où se retrouvait chaque année aux vacances de Pâques l’équipe nationale des directeurs de centres de vacances familiales de la Ligue de l’enseignement, une équipe qui réfléchissait au sens de son travail et remettait volontiers en chantier la détermination de son projet pédagogique et social. Un beau travail, vivant, solide et généreux, animé par des responsables nationaux de grande dimension : François Cambien…, Henri Massein… Un travail construit sans concession par une équipe de jeunes pédagogues qui croyaient en leur mission. Introduit par Albert Derrien, tu fus un membre actif de cette équipe…

 

Comme tu l’évoques dans ton livre, 1968 a bousculé les principes, les habitudes et les gens eux-mêmes, jusque dans leurs convictions personnelles, leurs habitudes… et leur vie quotidienne. Une libéralisation des mœurs a donné aux citoyens une liberté de vie nouvelle. Des couples se sont défaits, de nouvelles façons de vivre sont apparues… Dans nos MAISONS FAMILIALES DE VACANCES, nous avons accueilli, doucement, année après année, des mamans seules avec un ou deux enfants, des papas seuls, avec un ou deux petits… à la recherche d’un lieu possible de vacances avec leur progéniture… mais aussi d’un peu de liberté pour eux-mêmes. Et la Ligue, avec son équipe, bousculant, non sans mal, ses principes et ses habitudes, a dû réfléchir à de nouveaux chantiers…

 

Tu n’es pas ressorti indemne de cette bousculade de 1968 : le prof d’anglais attentif et généreux que nous aimions, abandonnant l’enseignement… le père de famille qui adorait ses petits… tout fut à revoir, à reprendre à zéro, pour repartir, courageusement dans une nouvelle vie…

 

C’est là que s’écrit une très belle et inoubliable page de notre histoire commune… Au cœur des vacances d’été tu viens nous voir à Lépin-le-Lac, tout au bord « du plus beau lac du monde », seul…, dans un véhicule sans confort mais riche de tout un équipement de pêche, de matériel et de produits curieux qui intriguent ceux qui s’approchent… Mon fils Jacky alors avait neuf ou dix ans. Après que tu eus longuement et attentivement, en solitaire, promené ta barque sur les herbiers profonds et secrets, au creux de chacune des anses de ses rives silencieuses, Jacky fut invité à cet extraordinaire voyage. Il a vécu à tes côtés des parties de pêches exceptionnelles et inoubliables… les parties de pêche conduites par un expert, tout autour du lac à la rencontre des brochets, des carpes, des gardons, des roussettes, et à la démonstration jamais égalée de pêche aux jeunes perches affolées par la magie de cet artiste inspiré. Les vacanciers de cette année-là se souviennent forcément du délicieux plat de filets de perches que tu avais largement préparé à leur intention et offert à toute la Maison ce soir-là…

Pêcheur discret, mais déjà connu et reconnu nationalement par les vacanciers pêcheurs qui avaient lu tes articles parus dans le célèbre journal des connaisseurs : « La pêche et les poissons »… Tu as offert à nos vacanciers, à mon fils qui n’oubliera jamais, la plus belle leçon de pêche qui soit …

Tu as connu mon regretté ami Georges Tomamichel, le dynamique Maire de Lépin qui a consacré tous ses mandats d’élu à protéger le Lac, son Lac, notre Lac… contre la pollution, contre l’ignorance, contre l’égoïsme, contre la société libérale et celle du profit immédiat… Il a fait appel à toi pour écrire et parler de ce Lac, dire en quoi il était exceptionnel. Tu as écrit de belles pages, Henri !! Georges a créé une association de citoyens vigilants, actifs, qui ont bougé et fait bouger les responsables, les élus, les universitaires… Une belle bataille avec des réalisations importantes : un égout collecteur audacieux, un projet concernant tout le bassin versant, l’installation d’un centre de pisciculture, d’un musée du Lac, vivant, animé par des volontaires en direction des écoliers, des touristes… Un magnifique travail pédagogique de citoyen éclairé…

 

Ah, mais… nos histoires se croisent et se décroisent sans cesse, sans jamais que nous nous quittions ni ne nous perdions de vue ! Tu es revenu à Lépin, tu m’as proposé d’accueillir dans mon équipe pédagogique une jeune animatrice avec qui nous avons travaillé avec plaisir sans savoir alors qu’elle deviendrait ta compagne… pour la vie…, que ton amour fou des poissons ferait d’elle une photographe professionnelle de talent, spécialiste de prises de vues magiques de poissons de toutes tailles, au fil de l’eau de toutes les rivières du monde…
Ton livre « La longue coulée » évoque modestement la brillante carrière internationale de pêcheur-pédagogue qui t’a fait parcourir le monde et pêcher dans toutes les eaux claires du globe… Riri, … Riton, … a bien appris aux côtés de ce papa pêcheur. Tu as eu un bon maître mais tu es bien discret sur ta relation profonde et permanente avec le mystère de la viavec le secret de la pulsion silencieuse mais lucide qui t’incite à tendre ta ligne ici plutôt que là, à cet instant précis plutôt qu’à tel autre…

Des souvenirs m’ont assailli alors, de questionnements, et de conclusions aussi. Par exemple : avec Martine tu partages une belle tranche de vie. La pêche à laquelle tu t’es, vous vous êtes consacrés ! a été riche de découvertes, d’aventures, de voyages, d’expériences, de rencontres exceptionnelles aussi !!! Une vie digne de ces temps modernes. En gardant ta réflexion et ta sagesse… « La longue coulée » ne parle que du début de ta vie, elle donne des perspectives… Mais nous, tes vieux compagnons, nous savons la suite et nous ne regrettons ni ton collège, trop étroit pour toi, ni tes petits élèves qui ne sont pas si déscolarisés aujourd’hui qu’on veut bien le dire… pas partout, en tout cas… Pas à la campagne, c’est sûr… mais ils n’ouvraient pas assez largement les portes de la vie pour ton gigantesque appétit de découverte et d’aventure… Ne regrettons rien, il n’y a pas lieu du tout !!!

 

Merci Henri pour la lecture agréable de ton livre. Merci pour les heures de réflexion qu’il a suscitées chez moi. Je crois qu’Elise va le lire aussi, maintenant !

Passez un bon hiver. Réchauffez-vous à la douce chaleur odorante d’un bon feu de bois. Gardez-vous bien. Nous irons, un jour ou l’autre, vous embrasser à nouveau et parler encore avec vous…

 

Bien amicalement,
Bob Deville, le 9 janvier 2010…

… sept mois avant…

 

La lettre de Bob Deville dans Ses amis parlent de lui Elise-et-Bob-pour-lettre-150x107

 

 



La lettre de Jacques Rosen

Beaucoup d’entre vous connaissent Jacques, rédacteur à LA PECHE ET LES POISSONS. Vous le découvrirez un peu plus profondément en lisant sa lettre aussi entre les lignes. Nous avons fait beaucoup de voyages de pêche lointains ensemble, souvent en pionniers, mais c’est ce qui leur plaisait, découvrir des contrées (presque) vierges où la canne et le moulinet du pêcheur « n’avaient pas beaucoup mis les pieds ».

Sur les photos ils sont en Espagne, dans la fin des années 90, et le soleil était là pour rendre encore plus inoubliable la réussite de ce séjour, parmi tant, que nous avons fait sur les berges de l’EBRE*, fleuve qui avait conquis Henri et qui pour son bonheur ne coulait pas trop loin de chez nous.

*Henri en avait réalisé un film : « Les conquérants de l’Ebre », environ 50 minutes, disponible en DVD (12,30€ dont 2,30€ de port).

Mon Cher Henri,

 

Ce petit mot à l’occasion de ton anniversaire ; tu aurais eu 77 ans. Te connaissant, je ne suis pas certain que tu en aurais aimé la forme… Avant d’en venir au fond, tu me permettras d’avoir une pensée reconnaissante pour Martine, ta chère épouse, qui ne ménage pas ses efforts pour perpétuer ton souvenir. Pour preuve, l’espace de mémoire qui t’es là consacré, sur Internet. Pour ma part, je voudrais te dire combien tu as compté depuis ce jour de juillet 1975 où j’ai fait ta connaissance sur les rives du lac de Lous, en Aveyron. Doté d’un rare sens de l’autre, tu as d’emblée compris que j’étais un de ces p’tits gars, comme tu aimais à dire, qui dans notre bas Poitou commun désigne l’appartenance à un milieu social des plus modestes… Fort de ton âme d’enseignant, tu t’es alors mis en tête de me faire grandir… Pauvre ! Il t’en a fallu de l’énergie. Mais tu n’as jamais voulu compter quand il s’agissait de cette dépense-là. Il ne m’appartient pas de dire si tu as réussi, en tout cas tu as fait naître le jour où il m’a été permis de prendre la plume sans avoir peur du ridicule. Mille mercis, Henri.

 

Durant toutes ces années où j’ai eu le privilège de te fréquenter ; j’ai pu t’observer à loisir. J’ai toujours été fasciné par la qualité de ta pensée, la facilité avec laquelle tu comprenais et faisais comprendre les choses, ta faculté à choisir le juste mot. Quel formidable orateur tu étais et comme il était difficile de te porter la contradiction… Et que dire de la vision qui était la tienne ; ta capacité à appréhender une situation, un évènement, comme si tu les dominais d’une formidable hauteur. Et puis il y avait la vertu de l’exemple : rigueur intellectuelle, probité, respect de la parole donnée, fidélité aux amitiés. Certes, il arrivait que tu donnes un coup de patte à qui semblait dépasser les bornes. Bien sûr, pouvait percer chez toi un brin de mauvaise humeur, parfois un soupçon de mauvaise foi. Tu étais un homme quoi ! Couronnant tout cela, tu étais habité par une volonté jamais prise en défaut d’être utile à autrui. Grand intellectuel, érudit, tu prenais cependant le soin de te mettre à portée du plus grand nombre. Bref, ancrée à tes tréfonds, il y avait une formidable humanité.

 

Bien sûr, il y avait la pêche ; ton œuvre reste considérable et magistrale à la fois. Je te disais : « Ceux qui font commerce de la pêche devraient t’élever une statue ! ». Tu répondais, hilare : « N’écris jamais rien de pareil… ». Eh bien voilà, c’est fait ! Au goût de beaucoup, tu as mis bien trop précocement un terme à ta carrière journalistique. Il n’empêche que l’hommage sans précédent que t’a rendu la profession montre que tu étais le meilleur. Et s’il fallait dire d’avantage, il n’est que de rencontrer ton public, celui d’hier et celui d’aujourd’hui, ceux qui connaissent ton œuvre et ceux qui la découvrent. Tous sont unanimes, car tous sont conquis.

 

Il me faut te laisser mon cher Henri ; toi dont je n’ai jamais su si tu étais un grand frère, ou le père qui a tant manqué à mon existence. Il est en revanche une chose certaine et je crois porter la parole de tes innombrables admirateurs en te disant, Henri, tu nous manques !

PS : Viendra le jour où il faudra rejoindre les eaux qui sont désormais les tiennes. Tâche donc, s’il te plait, de dénicher un petit coin de rivière sauvage ; tu sais bien, une rive ensoleillée où viennent se blottir de jolis petits courants ; nous y ferons danser une monture comme au bon vieux temps… 


Lac de Lous- Niort, décembre 2011

Jacques Rosen

La lettre de Jacques Rosen dans Ses amis parlent de lui Jacques-et-Henri-sur-lEbre-99x150 Jacques-et-Henri-sur-lEbre-2-101x150 dans Ses amis parlent de lui



Ses amis parlent de lui…

Certaines personnes ayant bien connu Henri, souhaitant lui adresser une dernière lettre, ou lui rendre un hommage qu’ils auront eu le temps de rédiger en voulant ne rien oublier ou confronter des évènements vécus dernièrement avec la pensée d’Henri, je leur ouvre cette page. Elle vous permettra à tous de mieux cerner encore la personnalité, l’humanité et les principes de vie qu’il s’était donné et auxquels il n’a jamais dérogé. Bonne lecture.



Sauve-bredouille pour ouverture difficile (article paru dans LE CHASSEUR FRANCAIS, en mars 1980)

Pensant que (presque) tous ceux d’entre vous qui ont aimé lire Henri ont également aimé les écrits de Michel DUBORGEL et ayant trouvé quelques articles de Michel, je joins au 4ème article technique d’Henri celui-ci, il s’intitule « les montages mixtes pour la truite », et est paru dans TOUTE LA PECHE de mai 1965. J’espère que cela augmentera votre plaisir à la lecture de cette page et je vous souhaite un agréable moment avec ces deux amis pour ne pas dire ces deux compères car ils avaient la même passion le même humour et une grande connivence éclairait chacune de leurs rencontres.

Sauve-bredouille pour ouverture difficile (article paru dans LE CHASSEUR FRANCAIS, en mars 1980) dans L'article technique art-tech-N°-4-Fev-2012-page-1-105x150 art-tech-N°-4-Fev-2012-page-2-103x150 dans L'article technique

art-tech-N°-4-bis-MD-Fev-2012-page-1-111x150 art-tech-N°-4-bis-MD-page-2-112x150 art-tech-N°-4-bis-MD-page-3-110x150 art-tech-N°-4-bis-MD-page-4-109x150

 



Sirius n° 4 « … sur les bricolages et trucs nouveaux » (article paru dans l’ECHO DES PECHEURS, en fév. 1971)

Sirius n° 4  point-vue-Sirius-n°4-page-2-106x150 dans L'ancêtre de 'La musette à Matthieu' point-vue-Sirius-n°4-page-3-105x150 point-vue-Sirius-n°4-page-4-109x150



ma première grossesse |
Femme au foyer ? le bonheur!! |
lesdupas2 |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Noël Faure
| Liste de naissance Baby Esp...
| jmendez